Alfred Boucher un sculpteur pédagogue

Alfred Boucher un sculpteur pédagogue. Le maître de Camille Claudel à Nogent sur Seine a également crée à Paris la Ruche. Ce foyer d'artistes accueillit Modigliani, Chagall, Zadkine, Brancusi et Marie Laurencin. Mais il a été aussi une formidable impulsion pour les créations de l'Ecole de Paris. Alfred Boucher qui a beaucoup sculpté est aussi représentatif d'une sculpture réaliste et apaisée sous la Troisième République.

Né en 1850 dans une famille de paysans, Alfred Boucher se montre très vite doué pour le modelage. Marius Ramus qui exécute des sculptures de jardin, remarque les dons de l'enfant et pousse ses parents à l'envoyer aux Beaux-Arts. Il suit alors l'enseignement de Paul Dubois. En 1874 l'Enfant à la fontaine qui le pousse à préparer le prix de Rome. Et c'est en 1878 qu'il effectue le voyage rêvé dans la ville des Lumières. A son retour, il gagne sa vie en faisant de très beaux bustes pour les familles aisées de Nogent. Il accueille des élèves. Dans ce cadre, il remarque les dons de sa jeune voisine, Camille Claudel et convainc ses parents de l'envoyer à Paris. Puis il réalise des bustes de personnalités politiques qui lui valent une certaine notoriété.

L’œuvre de Boucher se situe dans la ligne académique la plus stricte, celle qui plaît à la Troisième République. D'abord, les thèmes moraux comme La Piété Filiale. Puis viennent les postures de la bonne société (La Faneuse au champ, le Terrassier) et enfin une conception beaucoup plus réaliste de la religion (Jeanne d'Arc écoutant les voix). Après la création de la Ruche à Montparnasse, son œuvre est inspirée par la modernité des jeunes locataires. Le groupe Les coureurs est d'un incroyable équilibre. Les trois hommes répètent exactement le même mouvement mais à quelques centimètre d'intervalle seulement. Ainsi le dédoublement des gestes provoque un formidable dynamisme.

Au sommet de la gloire, Alfred Boucher commence une activité philanthropique. Il fonde d'abord musée camille Claudel de Nogent-Seine en léguant une partie de ses œuvres à la ville. C'est à partir de cet embryon que sera réalisé le musée Camille Claudel de Nogent-sur Seine. Puis il découvre l'action de Jules Ernest Bouillot qui acquiert les cabanons de la rue Falguière pour y créer une cité d'artiste. Il se renseigne aussi sur d'autres créations comme la Cité Fleurie ou la Cité des Fusains, à Montmartre. Ainsi, il décide de faire de même en acquérant une sorte de pagode, pavillon des vins de la Gironde de l'exposition universelle de 1900. Il la fait démonter et remonter dans un terrain qu'il a acheté à Vaugirard.

A la fin de l'année 1900, il achète un terrain limitrophe à sa pagode, de 4033 m2 situés rue de Dantzig et termine le remontage de la pagode. Il la décore avec des cariatides qui proviennent du pavillon des Indes Anglaises. Il fait aussi installer une grande grille qui provient du Palais de la Femme de la même exposition.

A l'intérieur de la pagode il fait installer des planchers et 47 ateliers. Il appellera le nouveau lieu: la Ruche. visite-de-la-ruche-de-montparnasse . A partir de là, il va accueillir presque tous les plus grands noms de l'Ecole de Paris. Les BrancusiChagallFoujita, Zadkine , tous ces artistes étrangers cherchent à se faire un nom à Paris et Alfred Boucher les accueille. Alfred Boucher ne leur impose rien sinon de la tenue et surtout du travail. Il leur propose aussi un loyer très bas et met même à leur disposition un théâtre (qui a disparu aujourd'hui).

En 1905 la cité comptait 90 artistes et artisans et la ruche comptait 110 ateliers. Alfred Boucher n'impose pas de discipline particulière. On peut être sculpteur, illustrateur de journaux, graveur de mode. La seule chose qu'il impose est un 5 à 7 où les artistes se réunissent dans un atelier de travail où pose un modèle. Il s'agit entre autre de Margot, fabricante de poupée, qui accepte de poser moyennant subsides que lui fournit aussi Boucher.

Alfred Boucher meurt en 1934 après avoir crée une seconde villa Médicis, lui qui fut deux fois recalé au prix de Rome. C'était peut-être une vengeance personnelle mais un grand amour pour l'art et les artistes.

Aller à la barre d’outils