Corot et la figure humaine

Corot et la figure humaine au musée Marmottan. Si Corot affirmait en 1827 que son seul but était de peindre des paysages, il n'en fut pas moins un maître de la figure. Car tout en évoluant dans la représentation de la nature à Barbizon ou en Italie, il faisait poser des modèles dans son atelier.

Corot restera toujours pour la postérité un peintre de paysages romantiques aux tons doux. D'abord connu pour ses beaux paysages rapportés d'Italie, il travailla ensuite aux côté des peintres de Barbizon http://www.europexplo.fr/visiter-barbizon…iers-de-peintres/ . Il nous laissa de beaux paysages aux prairies crépusculaires animées d'arbres aux tons suaves. Et c'est bien là le problème. Peu d'amateurs connaissent ses superbes portraits car les marchands vendaient mieux ses paysages. Voilà ce grand peintre banni du grand art et fixé à jamais dans l'interminable liste des paysagistes du XIXe siècle.

Et pourtant, dès son voyage en Italie, il nous livre déjà des figures émouvantes. Après avoir longtemps portraituré sa famille, il nous livre dès 1827 une superbe figure de moine qui le place parmi les vivants successeurs de la peinture hollandaise. Puis se succèdent des jeunes femmes lisant ou dans un intérieur d'atelier. Elle ont des poses naturelles et sont plongées dans des pensées intérieures qui nous touchent. A l'heure où le portrait photographique s'impose, Corot rétorque en s'attachant sur ce qu'elle ne rend pas: la couleur d'une robe, le velouté d'un tissus.

Dans les années 1850, Corot fera éclater ces couleurs en choisissant des modèles habillés en costume folklorique.

A travers ces toiles, c'est une société française du XIXe siècle qui s'impose à nous. On pense à des héroïnes de Balzac ou de Flaubert http://www.europexplo.fr/madame-bovary-roman-a-scandale/ .  On songe aussi à toute une part méconnue de la société parisienne que Corot réinvente pour nous à travers ses pinceaux...