L’art gothique conférence

L'art gothique conférence projection d'histoire des arts N°14. Les progrès techniques de la voûte d'ogive permettent la construction des cathédrales et l'élaboration de vitraux grandioses disposés en verrières comme en rosaces. La statuaire bénéficie d'une redécouverte de l'art antique et les arts mineurs, ivoire, émail, orfèvrerie, de prouesses techniques sans pareil.

L'art gothique: c'est Giorgio Vasari, écrivain de la Renaissance, qui qualifie de gothique l'art crée par les Goths venus d'Allemagne au XIIe siècle. Mais les historiens préfèrent parler d'art ogival, ce qui est plus prudent car l'art gothique est né en réalité de l'utilisation quasi systématique de la voûte d'ogive.

En effet, à partir de 1140, lors de la construction de la basilique saint Denis voulue par l'abbé Suger, les interrogations sur la portée des voûtes et l'élévation de la nef animent les maîtres d’œuvres. Si les voûtes des églises romanes reposent sur les murs latéraux, la voûte gothique repose sur des colonnes, ce qui suppose la disparition du mur double à la fois porteur de la voûte et de l'ensemble des portées de la cathédrale.

Avec l'art gothique, les églises d'Ile-de-France adoptent cette nouveauté technique: les cathédrales de Sens, Laon, Paris, Chartres, Reims et Amiens se déploient tant en hauteur qu'en largeur, dans un festival de lignes ogivales courbes et hautes, propres à atteindre les cieux. Les façades s'ornent de statues colonnes qui s'émancipent de leur support et gagnent en crédibilité, à la faveur d'une redécouverte de la statuaire antique. Les figures se tournent les unes vers les autres, discutent entre elles et semblent se mouvoir dans des corps habillés de somptueux drapés qui leur donnent une ampleur nouvelle.

A l'intérieur de ces cathédrales gothiques, les chapiteaux ne s'ornent plus de figures illustrant la vie du Christ, mais de feuillages magnifiques propres à glorifier l’œuvre de Dieu. La découverte de la nature se reflète dans la qualité et les détails des feuillages: à la Sainte Chapelle comme à Notre-Dame, les feuilles de chênes ou de châtaigniers, ne peuvent se confondre avec le lierre ou la feuille de platane.

L'art gothique: la lumière diffère aussi. Si à l'époque romane, on aime les temples sombres qui reflètent le mystère du saint des saints, l'époque gothique lui substitue la clarté orchestrée par le reflet coloré des vitraux. De Notre-Dame la Grande de la cathédrale de Chartres, à la rosace bleutée de Notre de Paris, les ateliers redoublent de prouesses techniques pour obtenir les couleurs les plus intenses dans les vitraux d'église.

Si l'art gothique évolue dans le courant du XIIIe siècle, c'est que les mécènes de sont plus les mêmes. La bourgeoisie dispute désormais aux prélats le patronage des cathédrales et font appel à des artistes privés pour doter les cathédrales de trésors fabuleux. Vierges d'ivoire, châsses en émail, patènes et ciboires en vermeil ouvragé, psautiers et livres d'Heures sont désormais décorés par les plus grands artistes qui, après avoir recherché l'art de la lumière colorée, tentent d'amplifier l'espace dans lequel se meuvent leurs personnages bibliques et leurs saints.

Le début du XVe siècle annonce le glas du gothique. Les financiers et banquiers qui participent au redressement de la France à la sortie de la Guerre de Cent Ans, utilisent les architectes des cathédrales pour construire leur palais et ne se contentent plus que de l'ogive. Le goût évolue et se tourne vers l'Italie dont les propositions artistiques diffèrent et se modernisent. Le Palais Jacques Cœur à Bourges, les hôtels de Sens et Cluny à Paris, le palais des ducs de Bourgogne à Dijon annoncent des directives architecturales nouvelles qui échappent aux prélats et modifient la donne. Les arts somptuaires eux mêmes évoluent: du Trésor de saint Denis aux tapisseries de l'Apocalypse d'Angers, tout un monde a passé et laisse la place aux prémices de la Renaissance.

Pour les groupes: Conférence disponible tous les jours dans vos locaux

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Participation 7/5 €

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