Maurice Denis des nabis à l’atelier d’art sacré

Maurice Denis des Nabis à l'atelier d'art sacré. Ce peintre théoricien des Nabis réalisa aussi des vitraux et de grandes décorations. A Chaillot, au Théâtre des Champs Elysées et dans l'hôtel du baron Cochin. Dans les églises ses grandes décorations tentent de donner une autre vision de l'art sacré.

Fils d'un haut fonctionnaire des Chemins de Fer de l'ouest muté à St Germain en Laye Maurice Denis naît en 1870. Il fait ses études à saint Germain-en-Laye et décide à l'âge de 13 ans, de devenir peintre, malgré l'accord de ses parents. Il termine ses études au lycée Condorcet tout en passant beaucoup de temps au Louvre et au château de Saint Germain. Sans être convaincu, son père l'inscrit à l'académie Julian. Là, il se lie avec Paul Sérusier qui rentre de Pont Aven où il a rencontré Gauguin. Ensemble ils ont crée une nouvelle esthétique qui se résume dans le fameux tableau « le talisman » conservé au musée d'Orsay. On y voit un paysage aux couleurs pures posées en aplat sur un couvercle de boîte à cigares.

L'ATELIER PARISIEN

Maurice Denis entre ensuite dans la classe de Gustave Moreau. Il forme un groupe d'amis avec Paul Rancon, Bonnard et Vuillard. Ces jeunes peintres ont une forte culture littéraire. Mais ils s'intéressent aussi à l'ésotérisme, au symbolisme et à une nouvelle forme de culture. Maurice Denis dans son journal écrit qu'il désire « qu'un art chrétien renaisse ». De ce fait, il a l'obscur « pressentiment qu'il sera l'homme appelé par Dieu à réaliser ce renouveau ». Puis Paul Serusier forme le groupe Nabi auquel Maurice Denis adhère.

THEORICIEN DES NABIS

A 20 ans il publie un premier article « définition du néo-traditionalisme » qui deviendra la théorie esthétique du groupe des nabis. Il y définit l'art comme « un travestissement des sensations vulgaires en icônes sacrées, hermétiques, imposantes ». En 1892, il épouse Marthe Meunier, une modiste de saint Germain-en-Laye qu'il a rencontré à la messe. De cet amour naîtront 7 enfants et une toile, les Muses. Il y reproduit plusieurs fois le visage de son épouse dans un univers tendre et suave où l'arabesque domine. La peinture est posée en aplat mais conserve des nuances pâles et quelques parties cloisonnées. Denis réalise de nombreuses œuvres dont « Le Mystère Catholique », « Mystère de Pâques » entre 1891 et 1893. Il peint aussi de nombreuses scènes de plage à Perros Guirec en Bretagne. La mer lui inspire des scènes idylliques où les jeunes filles s'ébattent tendrement. Elles lui inspirent aussi des scènes de l'histoire antique.

GRAND DECORATEUR

Si le peintre réalise des paysages et des scènes d'intérieur, on lui doit aussi de grands ensembles décoratifs. En 1895, il réalise un vitrail, puis en 1897, une série de plusieurs toiles sur la « Légende de saint Hubert » pour l'hôtel parisien du baron Denys Cochin. L'absence de perspective, ou plutôt la lecture ascensionnelle qui lui vient du japonisme, caractérisent ces toiles. En 1912 il peint la coupole du theatre-des-Champs-Elysees. Il y déploie de magnifiques figures à l'antiques qui décrivent l'histoire de la musique depuis Orphée. Il s'engage soldat volontaire en 1914, mais il est démobilisé en 1915 à la naissance de son sixième enfant. Cela lui permet de continuer à peindre. Par exemple, en 1916 il réalise l'abside de l'église saint Paul de Genève.

UNE NOUVELLE VISION DES ARTS SACRES

En 1930, il s'attelle au chœur de l'église du Saint Esprit de Paris. Haute en couleur cette grande fresque laisse éclater sa palette. Elle dévoile toutes les lumières du Saint Esprit qui éclairent les protagonistes de l'Eglise des années 30. Le peintre, atteint de troubles oculaires s'est fait aider par les élèves de l'atelier d'Art Sacré qu'il a crée pour la mise au carreau. La fresque est très bien accueillie. En effet, Maurice Denis renouvelle l'art religieux, en s'inspirant des icônes et en revitalisant les couleurs. Les personnages mystiques sont authentiques et débarrassés de leur image idéalisée.

Viennent ensuite des vitraux à Solesme et « la musique sacrée et la musique profane » au Palais de Chaillot. De grandes et belles compositions qui renouent comme il le voulait, la correspondance entre l'architecture et la décoration. Pourtant, après sa disparition en 1943, on condamne son art. L’Église lui préférera un modernisme radical comme celui de Matisse ou Fernand Léger.

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