Max Jacob un poète parmi les peintres

Max Jacob, un poète parmi les peintres. Ce grand poète est au centre de la Bohème de Montmartre et Montparnasse. De confession juive, il se convertit au Christianisme et écrit cette évolution. Ses écrits révèlent d'abord le cubisme de Picasso qu'il admire. Puis ils s'attachent à établir une relation entre la poésie et la mystique. Son retrait à saint Benoit-sur-Loire révèle effectivement cette tendance emystique qui marquera son œuvre.

Le jeune Max naît dans une famille dont le vrai nom est Alexandre. La grand-mère, d'origine prussienne, émigre en France car ses origines juives ne lui donnent pas d'identité dans ce pays. Or, depuis les lois d'Adolphe Crémieux, les Juifs ont le droit à la nationalité française. Les Alexandre choisiront Quimper.

L'enfance de Max est baigné dans un univers de femmes. D'abord, la grand-mère, la mère, et puis la sœur. L'enfant va à l'école mais le il préfère le monde de la rue et des hommes. Pour se faire aimer, il invente des pitreries qui le suivront toute sa vie. A saint Brieux avec des amis René Villard et Raoul Bolloré, il s’interrogent : Alors que faire plus tard ? Max répondra : Ne rien faire du tout pour pouvoir faire tout ! .

Le jeune homme décide d'arrêter ses études et convainc ses parents de le laisse rejoindre Paris.

Max Jacob, un poète parmi les peintres

Là, en 1909, il se lie avec Picasso avec qui il partage la chambre du bd Voltaire. Puis, rue Ravignan, il fréquente la Bohème de Montmartre du Bateau-Lavoir, de Modigliani à Marie Laurencin. Avec son œuvre la plus connue plus connue Cornet à dés il est sans doute l'inventeur du mot « cubiste ». Mais ces qui dés sont de simples objets que les cubistes affectionnent sont aussi les objets utilisés par les soldats romains qui se disputent les habits du Christ.

Lorsque la ligne nord-sud du métro parisien est achevée, la Bohème s'établit à Montparnasse. Max Jacob la suit. Il sera un pilier de la Closerie des Lilas. Les pitreries continuent mais l'exagération des mots, la caricature des faits, le Verbe est là...En 1909, le Christ en croix lui apparaît sur les murs de sa chambre. La seconde apparition date de 1914. Il en suffit pour que le poète juif décide de se convertir au christianisme. Mais avant, il va au cinéma. Il lui semble alors que le Christ s'assied à côté de lui et lui dit : Que tu es moche mon pauvre Max.

Puis deux ennemis viennent perturber sa vie. Son homosexualité et son addiction à l'éther. Plongé dans une honte qui le dévore, il écrit pour parler. Apollinaire ne sera pas le bon interlocuteur. Jean Cocteau et Radiguet seront plus nébuleux. Cela n'empêche pas le poète d'écrire des textes qui annoncent L'écriture automatique d'André Breton. Ses vers s'inspirent de ceux de Mallarmé mais il dépouille et décortique les mots en leur ajoutant presque une note enfantine.

Max Jacob, un poète parmi les peintres

Avec l'éther ou l'opium, il définit le sens du mot cheval et évoque son enfance qu'il invente, se déroulant près d'un hippodrome. Puis les mots se mélangent : Enfant se confond avec éléphant. Mais ce qui marque le plus ce poète, c'est la culpabilité, d'abord celle de son homosexualité. Son amour avortée de jeunesse pour Cécile, le lui révèle. Puis sa religion israélite et la révélation du christianisme qui le hante dans tous ses propos. La poésie devient équivalente à l'adoration chrétienne, à l’idolâtrie, à la vision mystique.

L'été 1921, il s'installe à saint Benoît-sur-Loire pour rejoindre les moines. Cette retraite est à la fois spirituelle et littéraire. A partir de 1936, il y demeure définitivement, logé chez la mère Persillard. Mais l'arrivée des Nazis en France et la guerre ne laissent présager rien de bon. En 1943, son frère est déporté. Puis on lui retire ses droits d'auteurs et la pension qu'il reçoit depuis son accident de voiture. Enfin, on lui impose l’Étoile Jaune.

Le 27 Février 1944, il sert la messe à saint Benoît. Puis les policiers se présentent çà son domicile et l'arrêtent et le conduisent au train pour Drancy. Toutes les pétitions de lettres de ses amis, à commencer par Guitry ou même Jouhandeau ne suffisent pas à le libérer. Il mourra à Drancy le 5 mars 1944.

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