Salvador Dali peintre Surréaliste

Salvador Dali peintre Surréaliste, de Cadaquès à Paris. On lui doit de nombreuses toiles surréalistes mais aussi des illustrations, des textes, des films. Dali est aussi un artiste controversé, bouffon et génial à la fois, manipulant les médias et adorant l'argent. Gala sera son épouse et sa muse, elle l'accompagnera jusqu'à sa mort en 1982.

Né en 1904, deux ans après la mort de son jeune frère qui s'appelait également Salvador, Dali passe sa jeunesse à Figueres et Cadaquès en Catalogne. Cette région est alors plongée dans le développement économique et industriel où foisonnent les idées modernistes. A l'école, il apprend peu. Mais il se rappelle encore de la photographie de l'Angélus de Millet épinglée sur les murs de sa classe. Il a également une sœur, Ana Maria, qui écrira une biographie de Salvador du temps de son enfance.

En 1920, il annonce à son père qu'il veut être peintre, ce qu'il lui accorde à condition d'aller à l’École des Beaux-Arts de Madrid. Il suit les cours de peinture, sculpture et gravure. Mais il rencontre aussi des camarades qui deviendront de grandes figures intellectuelles telles que Luis Buñuel, Garcia Lorca ou Eugenio Montes. D'abord ouverte aux courants d'avant-garde comme le cubisme, l'oeuvre de Dali va s'orienter vers une nouvelle objectivité sous une forme poétique. C'est à cette époque qu'il crée des êtres biomorphiques à connotation sexuelles.

En effet, Dali est en proie à des obsessions sexuelles et scatologiques mêlées à des peur de castration qu'il partage aussi avec Lorca. Ce magnifique poète est homosexuel et leur amour le terrifie. Quand Lorca voulait me posséder disait Dali, je m'y refusais avec horreur. Mais il partage beaucoup de choses avec le poète y compris la politique. En effet, de tendance anarchiste, il s'oppose à la dictature de Primo Rivera. Pour le sortir de sa relation avec Lorca, Bunuel tourne avec lui le film Un chien andalou qu'il présente à Paris grâce au mécénat des Noailles.

Dali se dit snob et son snobisme lui vient de son enfance. Quand je suis venu à Paris, c'était une véritable obsession de savoir si je serai invité partout où je croyais qu'il fallait être.En 1924, André Breton publie le Manifeste du Surréalisme. Il y propose de s'exprimer en l'absence de tout contrôle exercé par la raison. C'est une révélation pour Dali qui peindra désormais tout ce qui vient à l'esprit. Mais par la peinture, il contrôle ses délires et dévoile ainsi les imperfections du Manifeste. Tournant progressivement le dos à Breton, il met en place une peinture personnelle issue de sa paranoïa critique.

En 1929 il reçoit à Cadaqès Paul Eluard et son épouse Gala. Entre et Dali, c'est le coup de foudre. Eluard rentrera seul à Paris. Désormais il peint Gala qui devient son épouse, sa muse, son agent. Dali peint alors le Grand masturbateur où surgissent toutes ses obsessions : la mort, l'enlacement érotique de deux corps, les insectes et bestioles terrifiantes. Dali a beaucoup lu Freud et adapte à merveille les idées du médecin viennois. Par l'image double, il met en pratique sa paranoïa critique en peignant par association de sujets des formes délirantes.

Outre la mer, le désert, le bleu du ciel, qui rappellent Cadaquès, d'autres formes récurrentes s'invitent dans les toiles de Dali. Tel est le cas de la montre molle où l'artiste convoque le dur et le mou sur le même objet. La montre rappelle le temps révolu mais aussi la rationalité. Seule, la montre gousset qui est peut-être la montre du père, a résisté à la mollesse. Ce père très présent se retrouve aussi dans une autre toile. En effet l’énigme de Guillaume Tell évoque celui dont Freud disait qu'il avait lutté contre le père et fini par le vaincre.

En 1936, Salvador Dali pressent la guerre civile, comme Lorca. Il réalise plusieurs toiles dont la plus convaincante est construction molle. Un gigantesque personnage écrase de ses jambes musclées d'insecte un corps qui gît à terre. Se référant à Goya dans le gigantisme du tyran, il semble soucieux de comparer la guerre civile à une guerre biologique où le visage du monstre a perdu sa propre peau.

Cette même violence se retrouve dans l'Enigme de Hitler qui suscitait chez lui un véritable frisson gustatif d'origine buccale qui me conduisait à une extase wagnérienne. Le téléphone qui rappelle celui d'Hitler au moment des accords de Munich, devientsoudain un objet comestible.

En 1940, à l'arrivée des troupes allemandes à Bordaux, le couple Gala-Dali s'en va vivre à New York et travaille à Hollywood en 1945 avec Hitchcock pour le film La maison du docteur Hewards

A partir de 1949, il entame une peinture « mystique-nucléaire » qu'il décrit dans son livre Manifeste mystique. Au printemps 1950, il rencontre le père Bruno de Jésus Marie qui lui montre un dessin vu selon un point zénithal, qui aurait été réalisé par st Jean de la Croix en état d'extase. Dali va alors utiliser l'illusion d'optique pour réaliser un Christ flottant dans l'espace. Par ce thème, il crée aussi une synthèse entre le Surréalisme et le mysticisme espagnol. Dès lors, ses toiles vont être teintées de néo-mysticisme. Certaines mettent en scène le Christ, la Vierge et le corps de Gala dans un état d'apesanteur cristallin. La toile Assumpta corpusculaire Lapis-lazuline en témoigne.

A partir des années 60, il revient sur le thème de l'Angélus de Millet et s'adonne à des décors de théâtre, des cours métrages. Il crée aussi des illustrations lithographiques de plusieurs livres. C'est le cas par exemple Lettre ouverte à Salvador Dalí, avec trente-trois illustrations de l'artiste lui-même, que publie Albin Michel. En 1974, il illustrera aussi le livre de Sigmund Freud Moïse et le monothéisme. C'est aussi à la même époque qu'il réalise le théâtre musée de Figueres. Les expositions se succèdent à Londres, Paris et Londres. Il meurt à Figueres le 23 janvier 1989.

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