Visite du séminaire d’Issy-les-Moulineaux

Visite du séminaire d'Issy-les-Moulineaux: Jadis lieu de villégiature de la reine Margot qui possédait là un manoir et un magnifique jardin, le séminaire d'Issy-les-Moulineaux abrite aujourd'hui le lieu de formation des prêtres le plus important de la région parisienne. Un grand bâtiment, une chapelle, un magnifique nymphée et un jardin à la française accompagneront notre découverte de cette grande institution.

Tout commence avec l'abbé Jean Jacques Olier (1608-1657) qui décide de se consacrer à la formation des prêtres après le formidable renouveau engagé par le Concile de Trente. Après avoir fondé une institution fort remarquée rue de Vaugirard, il fonde un séminaire d'été à Issy-les-Moulineaux. L'heure est à la réflexion théologique et à la formation des grands hommes d'Eglise. Saint Vincent de Paul prêche l'humilité et un travail apostolique de terrain, le cardinal de Berulle réinvente la formation des prêtres et fonde les Oratoriens. François de Sales crée les Visitandines et propose que les religieuses ne vivent pas essentiellement cloitrées et l'abbé Olier insiste sur une formation de prêtre basée sur la vie spirituelle et apostolique.

Cette intense réflexion aboutit aussi au dialogue ou à la dispute sur des sujets précieux: le parti dévot qui grandit par opposition à l'absolutisme, la pratique du pur amour préconisée par Fénelon et fort réprimandée par Bossuet. Ce dernier dont la dispute avec Fénelon a été célèbre, lui oppose qu'il n'y a de charité fondée que lorsqu'elle repose sur la Foi et l'Espérance. La Contre Réforme e eu du bon mais elle a aussi provoqué des divergences religieuses de toute sorte qui ont paradoxalement mené l'Eglise à de nombreuses interrogations intimes.

Car le séminaire de Saint-Sulpice avait pour mission de former autrement els prêtres mais aussi de les parer à toute spéculation opposée à leur apostolat. Il s'agissait de "restaurer l'état de prêtrise" considéré comme très dégradé par le cardinal de Bérulle et le soucis de la réforme du clergé intéressait les évêques qui voyaient bien que ca n'était pas le soucis premier de Rome. Dès 1642 une conception nouvelle du séminaire allait s'organiser autour de ce qu'on appelait alors les "exercices" ou retraites organisées pour les futurs prêtres.

Ainsi la Compagnie des prêtres de saint-Sulpice "exporta" son savoir faire à travers de nombreux établissements: à la veille de la Révolution française, elle possédait une quinzaine de séminaires.

De la chapelle construite par Edouard Berard en 1892, on retiendra la beauté des volumes que l'on doit à l'élévation des colonnes et la luminosité intérieure. Les vitraux d'un bleu profond évoquent la Vierge, comme le plafond qui comporte un magnifique ovale de Boldini, représentant une peinture mariale d'après l'ancienne toile réalisée par Le Brun.

La crypte évoque le martyre des prêtres tués lors de la commune, un autel émouvant et le cachot du séminariste Paul Seigner.

Les chapelles Notre-Dame des Grâces et Notre-Dame de Lorette témoignent aussi de cette volonté de faciliter la retraite et le recueillement dans la formation apostolique.

Mais le trésor de ce lieu est le nymphée Renaissance qui date de l'époque où la reine Margot venait se reposer en ces lieux en 1560. Les murs sont recouvertes de pierres et de coquillages formant des dessins Renaissance de grande beauté, puttis et fleurs dans d'éphémères entrelacs forment l'essentiel de la décoration.

Visite chaque mercredi. Prix pour un groupe constitué: nous contacter au 01 42 80 01 54

Aller à la barre d’outils