Gauguin l’alchimiste

Gauguin l'alchimiste. Cet artiste prolixe a peint tout en réalisant des céramiques et des meubles. L'utilisation des couleurs pures mélangées par sa main crée un genre nouveau qui ne peut classer le peintre dans un groupe. Son art de mélanger  les genres entre modernité et primitivisme est une alchimie qui lui est particulière.

Gauguin est né en 1849. Après avoir passé son enfance au Pérou et sa jeunesse dans la marine marchande il arrive à Paris en pleine révolution impressionniste. Gauguin se plonge d'emblée dans la modernité, sans formation académique. Ses premières toiles, scènes d'intérieur ou natures mortes montrent l'influence de Renoir ou de Monet. Il utilise aussi des conventions spatiales proches des Symbolistes et des Nabis.

A Paris, sa rencontre avec Pissaro est fondamentale. Le vieux peintre lui permet de réaliser des toiles en extérieur et de regarder la nature autrement.

Gauguin épouse une danoise dont il a trois enfants. Il mène une vie bourgeoise en gagnant de l'argent ce qui est à l'opposé de ses principes. Le couple décide de se séparer et Gauguin rejoint la France en laissant sa famille au Danemark.

En 1886 il apprend la céramique en compagnie d'Ernest Chaplet. D'emblée, il se montre influencé par les couleurs terreuses et les formes primitives. S'il tire son inspiration de l'Antiquité et de la nature, le mélange des genres confère à son oeuvre une alchimie particulière.

Même alchimie à Pont-Aven lorsqu'il rejoint ses amis peintres. En effet, il utilise les couleurs primaires en aplat cloisonné. Mais il ajoute des violines et des roses clairs qui s'accordent bien que disconnantes aux couleurs chaudes. Puis, son projet d'installer avec Van Gogh un atelier du midi où sa palette pourrait s'éclaircir tombe à l'eau et se termine dramatiquement.

Alors il part au loin trouver la lumière particulière des couleurs qu'il recherche. Arrivé à Tahiti avec une mission de l'Etat français, il est de suite subjugué par les mystères sacrés de l'île. Ses toiles mélangent le genre sacré et naturaliste avec une alchimie particulière. Mais déçu par le manque de profondeur ésotérique qu'il croyait voir dans les croyances des indigènes, il se crée sa propre ésotérie avec son alchimie à lui.

Ainsi les thèmes de la nature sacrée voisine avec le mystère des jeunes femmes de l'île. A ces dernières il conseille de vivre heureuse et les invite sa maison du jouir. Cette dernière est encore sur place dans une reconstitution moderne. Mais la décoration sculptée et teinte est conservée à paris au musée d'Orsay.

Gauguin ne trouve pas le bonheur qu'il cherchait. D'abord, il se confronte avec la police locale et la corruption des fonctionnaires. Puis il contracte vraisemblablement une maladie vénérienne qui le mine. Cela ne l'empêche de continuer à peindre des paysages idylliques chargés de symboles. C'est ainsi que sa peinture confère dans ces dernières années un charme mystérieux qui lui est propre.

Si la toile Qui sommes-nous, d'où venons nous, où allons-nous révèle ses interrogations sur la vie, elle affiche aussi ses désillusions. Le pessimisme deviendra progressivement le moteur de sa création et de sa vie. Ses toiles seront imprgénées d'un mystère mélancolique qui envahit sa vie jusqu'à la faire disparaître, le 8 mai 1903.

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